Le christianisme ayant été véhiculé le long des grandes voies romaines, Brolles, Bois le Roi, et Samois écartés des grands axes ont probablement attendu le VIIe siècle pour être christianisés.

- choeur de l’église
Les cathédrales éloignées et les déplacements trop longs ont entraîné nombre de laïcs fortunés à bâtir des oratoires privés. Sous Charlemagne, on voit apparaître la maison du prêtre dans un enclos protégé, avec une grange une écurie et un jardin d’1/4 d’hectare. Le clocher se généralise.
Mais l’invasion viking modifie cette première christianisation. Les ruines sont générales. Ce sont les monastères, très aidés par la famille d’Hugues Capet et ses descendants qui sortent puissants de cette dévastation. L’abbaye de Saint Père de Melun, richement dotée, fait fructifier à Bois le Roi ses terres plantées de vignobles et établit un prieuré avec quelques moines pour leur mise en valeur et leur commerce par le port du Pavé de la Cave.
Monsieur Lesourd signale dans son livre que l’église est le seul reste “d’un bien ancien monastère, monument remarquable à conserver”. Le “Clos des Saints Pères” est signalé comme le vignoble de l’abbaye. Le prieuré prend le nom de Saint Pierre. L’église sera paroissiale au XIIe siècle, achetée probablement par l’Archevêché de Sens. Elle pourra baptiser et enterrer (autour de l’église) ses habitants.
C’est le plein moment de la construction romane dont il reste des colonnes à chapiteaux sculptés en feuilles d’eau, qui divisent l’église en trois nefs, le porche principal avec archivoltes et colonnettes, le clocher à deux étages de 28 mètres de haut avec baies de plein cintre et modillons.

- autel et Saint Sacrement
La grande peste de 1348 et les dévastations des guerres ravagent nos régions : Bois le Roi semble inexistant à cette période.
Du XVIe au XVIIe siècle, Bois le Roi, devenu un village essentiellement agricole, voit renaître son église. Le mobilier est encore visible : des fonts baptismaux avec des fleurs de lys qui ont été martelées à la révolution, une statue en bois polychrome de Saint Eutrope autour de laquelle était institué un pèlerinage (il était sensé guérir l’hydropisie).
En 1789, l’église est en très mauvais état, dans un village de 800 habitants qui a pris le nom de Bois la Nation.
Entre 1838 et 1843, l’église est presque entièrement reconstruite dans sa forme actuelle. Elle était plus allongée avec un chœur et un chevet arrondi. Le presbytère a été rebâti en 1847 et le cimetière qui entourait l’église a été déplacé en 1888. La cloche Marie Clémence a été baptisée en 1879.
Maintenant, la chapelle Saint Joseph consacrée le 2 octobre 1993, bâtie entre l’église et le presbytère, financée par les dons des paroissiens, vient permettre à tous ceux qui désirent se recueillir de trouver un lieu ouvert toute la journée. La châsse de Saint Eutrope, remise en état par les monuments de France a repris sa place dans l’église sous la tribune de l’orgue.
Source de l’article [*]


Version imprimable


